Lisa et la danse traditionnelle thaïlandaise : une vive polémique secoue le Cambodge

September 13, 2026By ทีมงาน UnFake News5 min read
Share this article

La société LLOUD de Lisa (Lalisa Manobal) a publié une courte vidéo sur TikTok retraçant son parcours depuis son enfance : de la jeune fille passionnée de danse cover et d'apprentissage de la danse traditionnelle thaïlandaise jusqu'à son ascension au rang d'icône pop mondiale.

:: Lien TikTok

Extrait du TikTok de Lisa
Extrait du TikTok de Lisa
Extrait du TikTok de Lisa
Extrait du TikTok de Lisa
Extrait du TikTok de Lisa

Les images de ses cours de danse thaïlandaise durant son enfance témoignent de ses efforts et du développement de sa maîtrise corporelle, un socle fondamental salué par des chorégraphes de renommée internationale. Il s'agit simplement de l'expérience personnelle d'une enfant passionnée par la scène et par l'art et la culture thaïlandais, et non d'une tentative d'appropriation de l'histoire de quiconque.

Cependant, cette vidéo qui se voulait inspirante est devenue le théâtre de vives réactions de la part d'internautes de pays voisins, venus laisser des messages provocateurs allant de « Merci de diffuser la civilisation khmère » à « La Thaïlande a volé notre culture », accompagnés d'un spam massif d'images jusqu'à envahir la section des commentaires.

Faits historiques : la cour du Siam et le Ballet royal de Phnom Penh

Si l'on examine les preuves historiques du XIXe siècle, les arts de la scène de la cour moderne de Phnom Penh ont été restaurés et directement influencés par le Siam.

Sous les règnes du roi Ang Duong (Harirak Rama Maha Issarathipdei) et du roi Norodom, tous deux ont résidé et étudié à Bangkok. À leur retour sur le trône, ils ont emmené avec eux des troupes de théâtre royal, des maîtres de danse, des costumes, des coiffes traditionnelles (chada), ainsi que des livrets et de la musique de la cour de Rattanakosin pour revaloriser le Ballet royal du Cambodge.

De plus, les archives historiques de la fin du règne du roi Rama IV font état du parcours de la princesse Chawiwat Pramoj, qui s'installa à Phnom Penh. Elle y emmena une troupe de théâtre royal siamois, des accessoires, des costumes et des maîtres de danse thaïlandais pour transmettre leur art à la cour khmère, ce qui joua un rôle déterminant dans le façonnement du style de danse à Phnom Penh à cette époque.

Plus important encore, il existe aujourd'hui des récits et documents historiques étayant la renaissance de la danse classique cambodgienne, y compris le témoignage de la princesse Norodom Buppha Devi, grand maître et icône de la danse khmère. Elle a explicitement déclaré que la danse de la cour cambodgienne avait été restaurée grâce à la transmission et au patronage de maîtres de danse thaïlandais.

Des travaux de recherche internationaux, tels que l'ouvrage *Earth in Flower: The Divine Mystery of the Cambodian Royal Ballet* de Paul Cravath ou les analyses de Milton Osborne, s'accordent tous à souligner l'influence majeure de la danse siamoise sur la cour cambodgienne durant cette période.

En outre, les recherches anthropologiques considèrent l'art de cette région comme un patrimoine partagé (Shared Heritage) en Asie du Sud-Est, ayant fait l'objet d'échanges constants.

C'est comme une goutte de peinture déposée sur du papier humide : la couleur se diffuse et s'étend à partir de son point d'origine. Même s'il s'agit d'un patrimoine partagé, il y a forcément un point de départ où la goutte est tombée. Mais lorsque des frontières administratives sont tracées, les zones où la couleur s'est diffusée et diluée se mettent soudain à clamer qu'elles sont propriétaires de cette culture, tout en accusant la source d'origine d'être le voleur. Cela en dit long sur de nombreux aspects, qu'il s'agisse de la mentalité ou d'un système éducatif insufflant des informations erronées aux citoyens.

Nationalisme déplacé et mépris des règles de civilité en ligne

Le comportement observé dans l'espace de commentaires ne témoigne nullement d'un amour pour la culture, mais reflète plutôt un système qui « enseigne à haïr autrui plutôt qu'à respecter les règles élémentaires de politesse ». Ces revendications hors contexte relèvent d'un nationalisme défensif qui expose aux yeux du monde le niveau de culture numérique (Digital Literacy) de ces internautes.

Bien que le nombre de commentaires spammés se compte par milliers, sur le plan de la valeur, il ne s'agit que d'un « immense amas de déchets numériques auquel personne ne prête d'importance ».

En fin de compte, Lisa continue de briller et d'exercer un impact mondial, tandis que ces détracteurs restent cantonnés à publier des messages de haine dans une petite section de commentaires — une pollution cybernétique qui n'améliorera jamais leur quotidien et n'ébranlera en rien le succès de quiconque.

---

Références académiques

1. Paul CravathEarth in Flower: The Divine Mystery of the Cambodian Royal Ballet

Google Books Repository

(Thèse de doctorat mentionnant clairement le rôle des troupes et maîtres de danse siamois dans l'établissement des bases du Ballet royal du Cambodge)

2. Milton OsbornePolitics and Power in Cambodia: The Court of King Norodom (1860–1904)

JSTOR / Academic Archive

(Recherche historique décrivant le contexte dans lequel le roi Norodom a adopté la culture de cour siamoise à Phnom Penh)

3. UNESCO Intangible Cultural HeritageRoyal Ballet of Cambodia & Shared Cultural Heritage of Southeast Asia

UNESCO Official Site.gov / .edu

(Documents et informations sur le patrimoine culturel partagé en Asie du Sud-Est)

4. Wikipedia / Historical ArchivesNorodom Buppha Devi & Royal Ballet History

Norodom Buppha Devi Biography.gov / .edu

(Biographie et entretiens relatifs à la préservation des arts de la scène et à la reconnaissance de l'héritage des maîtres de danse thaïlandais)

Published: September 13, 2026